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Mme VIKE FREIBERGA, Présidente de la République de Lettonie, visite le Sénat

Mercredi 2 octobre 2002

Allocution prononcée par M. Christian PONCELET, Président du Sénat, à l’occasion de la réception dans l’hémicycle du Sénat de Mme VIKE FREIBERGA, Présidente de la République de Lettonie

Allocution prononcée par M. Christian PONCELET, Président du Sénat, à l’occasion de la réception dans l’hémicycle du Sénat de Mme VIKE FREIBERGA, Présidente de la République de Lettonie

Mercredi 2 octobre 2002

Madame la Présidente de la République,
Monsieur le Ministre,
Mesdames et messieurs les Ambassadeurs,
Mes chers collègues,
Mesdames, Messieurs,

C’est pour moi une joie et un honneur particuliers que de recevoir aujourd’hui dans notre hémicycle Mme Vaira VIKE-FREIBERGA, Présidente de la République de Lettonie.

Madame la Présidente,

Il n’est pas habituel que notre haute assemblée reçoive dans son enceinte des personnalités étrangères, aussi illustres soient-elles. Mes collègues sénateurs le savent bien, et peut-être vous-même, Madame, ne l’ignorez-vous pas.

Mais à personnalité exceptionnelle, traitement exceptionnel... Non contente d’être l’une des rares femmes chefs d’Etat, ce qui justifie déjà les égards d’une assemblée encore très masculine -et je le dis sans machisme d’arrière garde- vous êtes en outre à la tête d’un pays qui aura bientôt toute sa place en Europe et qui, à bien des égards, aura montré la voie.

J’ai donc, cet après-midi, plusieurs motifs de me réjouir de votre présence parmi nous, aux côtés de vos amis, qu’ils soient lettons, français ou d’autres nationalités.

Mon premier motif de satisfaction, c’est que vous n’avez jamais ménagé vos efforts, Madame, pour entretenir et améliorer les relations entre nos deux pays. Celles-ci, il est vrai, se sont trouvées facilitées par le zèle et le dynamisme de nos ambassadeurs respectifs, Mesdames Sandra KALNIETE et Louise AVON, qui n’ont pas attendu la loi sur la parité pour montrer de quoi elles étaient capables, suivant l’exemple que vous n’avez jamais manqué de donner.

Votre francophonie et votre francophilie exemplaires, trop rares à notre avis, surtout aux fonctions qui sont les vôtres, ne pouvaient, au reste, que faciliter les choses. Votre souhait de vous adresser à nous en français l’illustre magistralement et nous touche tout particulièrement, soyez-en sûre.

Après une première visite en France en mai 2000, moins d’un an après votre élection à la présidence de la République -j’avais alors eu le privilège et la joie de vous accueillir au Sénat. Un peu plus d’un an après la visite à Riga du Président de la République, Jacques CHIRAC, vous revoilà à Paris, à seulement deux jours des élections législatives lettones, preuve, s’il en était encore besoin, de l’attachement que vous nous portez, et qu’il nous est agréable de ne pas décevoir.

La France souhaite décidément ne pas vous décevoir. Il n’est à cet égard pas indifférent que le Président Jacques CHIRAC ait été le premier chef d’Etat d’un grand pays membre de l’Alliance à apporter son soutien public à l’intégration des pays baltes à l’OTAN.

Mon deuxième motif de satisfaction, Madame, c’est que votre venue coïncide avec un moment décisif pour la Lettonie.

Dans quelques semaines se tiendront, en effet, les sommets de Prague et de Copenhague, qui devraient consacrer l’intégration de la Lettonie au sein de l’OTAN et de l’Union européenne.

Le Président de la République l’a déjà dit et nous le répétons avec la même conviction : la Lettonie a toute sa place dans l’OTAN, comme dans l’Europe. Et le travail considérable qu’elle a accompli -et que nous sommes heureux de saluer ici- doit lui permettre d’y entrer rapidement.

C’est essentiel à nos yeux. Qui n’avance pas recule et une Europe immobile serait une Europe condamnée, plus occupée à gérer ses contradictions et ses procédures qu’à innover et s’adapter. L’élargissement doit nous apporter un second souffle, de nouvelles énergies et de nouvelles perspectives.

En s’ouvrant, l’Europe fait un pari : celui de l’avenir, de la volonté et, à certains égards, il faut bien le dire, celui de l’audace, mais aussi celui de la solidarité et de la fraternité.

Vous aurez, en tant que pionniers de cette ouverture, un rôle majeur à jouer. Nous vous demandons de le jouer à nos côtés, dans cette même confiance et cette même transparence qui nous réunissent aujourd’hui. Le défi n’est pas mince mais ensemble nous pouvons le relever pour qu’enfin s’établisse cette Grande Europe qui seule peut mobiliser les esprits, les cœurs et les enthousiasmes.

Aidez-nous à passer de l’Europe administrative à l’Europe politique. Aidez-nous à passer de l’Europe économique à l’Europe de l’humanisme. Qu’ensemble, nous permettions à l’histoire et à la géographie de se retrouver pour le bonheur de nos peuples, réunis en une même foi en l’avenir et au service d’une même cause, qui ne saurait se limiter au mercantilisme ou au juridisme.

C’est à ce destin commun que nous souhaitons vous appeler, Madame, car nous savons qu’à l’image de vos concitoyens, vous y êtes disposée, et plus que disposée, déterminée.

Je souhaiterais à cet égard redire combien l’adhésion populaire est essentielle tant il s’agit d’un projet politique, au sens le plus noble du terme. L’Europe, a fortiori élargie, ne se fera pas sans les Européens et l’Union européenne ne doit pas être l’affaire de quelques uns, experts ou fonctionnaires. A nous, élus et politiques, de montrer le chemin, de donner l’exemple et aussi d’expliquer.

L’Europe, pour être durablement acceptée et pour grandir dans l’harmonie doit être comprise par ses habitants. Ce travail, que nous avons parfois négligé dans le passé, c’est aujourd’hui le nôtre.

Mais c’est aussi le vôtre, notamment dans la perspective du référendum qui pourrait avoir lieu en Lettonie en 2003 pour approuver l’adhésion. Mais également au-delà, une fois la Lettonie membre de l’Union.

Laissez-moi vous dire ma fierté que mon pays ait ainsi soutenu le vôtre dans les différentes étapes de ce long et parfois complexe processus.

Mon dernier motif de satisfaction, c’est le rôle personnel que vous avez joué, Madame, tant en faveur de la France que de l’Union européenne, et que je tenais à saluer avec la reconnaissance et la solennité requises.

Sans cette autorité morale que vous confère une rare indifférence pour les vanités humaines ou les considérations partisanes -vous n’étiez pas candidate, on vous a prié de l’être-, vous n’auriez pu faire accepter les réformes, souvent douloureuses, mais indispensables, pour entrer dans l’OTAN ou dans l’Union européenne.

Si votre pays va mieux aujourd’hui, économiquement, socialement, politiquement, c’est aussi grâce à votre action personnelle, discrète mais efficace.

Sans cette force de caractère et cette indépendance d’esprit, vous n’auriez pu acquérir cette présence sur la scène internationale qui a tant servi les intérêts de la Lettonie, qui s’apprête désormais à devenir acteur à part entière de l’Alliance atlantique et de l’Union européenne, dans le plein respect de son identité et de ses valeurs.

Cette réussite est aussi la vôtre. Il nous revenait d’en témoigner.

Avant de vous laisser la parole, dans ce français que ne renierait pas Voltaire, laissez-moi vous redire les vœux chaleureux que je forme pour vous et pour la Lettonie, mais n’est-ce pas redondant...

Vive la Lettonie !

Vive la France !

Vive l’amitié entre nos deux pays !

Vive l’Union Européenne !

© mercredi 2 octobre 2002
par MAE de France

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