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L’élection présidentielle en Lettonie : les accusations de corruption contre Valdis Zatlers

Le Parlement letton a élu jeudi le chirurgien Valdis Zatlers au poste de président de la République pour succéder à Vaira Vike-Freiberga, lors d’une élection controversée en raison des accusations de corruption qui pèsent sur M. Zatlers. Le bureau de lutte anti-corruption a également ouvert une enquête contre lui.

Le Parlement letton a élu jeudi le chirurgien Valdis Zatlers au poste de président de la République pour succéder à Vaira Vike-Freiberga, lors d’une élection controversée en raison des accusations de corruption qui pèsent sur M. Zatlers.

Valdis Zatlers, un spécialiste de chirurgie orthopédique de 52 ans, présenté par la coalition de centre-droit au pouvoir, a été élu dès le premier tour. Il a obtenu 58 voix contre 39 à son rival, Aivars Endzins, 66 ans, un ancien président de la Cour constitutionnelle.

Il prendra ses fonctions, qui sont largement honorifiques, à l’échéance du mandat de la présidente sortante, le 7 juillet. Mme Vike-Freiberga, 69 ans, ne pouvait pas se représenter à l’issue de deux mandats consécutifs de quatre ans.

Dans un bref discours devant les députés, Valdis Zatlers a promis d’oeuvrer pour l’unité du pays.

Son élection a immédiatement suscité des critiques. Son plus grand problème est que personne ne sait quelles sont ses convictions politiques.
Après s’être un temps engagé dans la lutte pour l’indépendance de son pays, une république soviétique jusqu’en 1991, Valdis Zatlers s’est surtout concentré sur sa carrière médicale. Depuis 1994, il dirigeait l’hôpital national de traumatologie et d’orthopédie à Riga.

Son image s’est sérieusement ternie lorsqu’il a reconnu, peu avant le scrutin, avoir reçu de nombreuses enveloppes contenant des billets de banque de la part de ses patients.

Cette pratique, héritée du communisme, est encore assez répandue dans les pays post-communistes de l’UE. Mais l’antenne locale de l’organisation anti-corruption Transparency International a fait une campagne virulente contre son élection.

Le bureau de lutte anti-corruption a également ouvert une enquête contre lui.
Valdis Zatlers a refusé de dire aux journalistes s’il avait déclaré au fisc les enveloppes de ses patients.

"L’enveloppe ! L’enveloppe", ont crié des manifestants lorsqu’il est sorti du Parlement. Certains portaient des pancartes où il était marqué : "Démissionne" ou "N’as-tu pas honte ?".

Ce candidat a été parachuté par la coalition. La question des dons va le poursuivre, cela ne va pas s’arrêter", a jugé le professeur Maija Kule, dont le nom avait été un temps évoqué pour cette fonction.
Malgré le large soutien de la coalition du Premier ministre Aigars Kalvitis, il n’était pas le favori de l’opinion publique. Selon un récent sondage, seulement 28% de la population souhaitait qu’il soit président, contre 54% qui préféraient Aivars Endzins, soutenu par l’opposition de centre-gauche.

Plusieurs responsables de l’opposition ont réclamé jeudi que le président soit à l’avenir élu au suffrage universel. "Le processus n’était pas ouvert et l’opinion publique n’a pu l’influer en aucune façon", a regretté Sandra Kalniete, une figure de l’opposition qui avait retiré sa candidature au profit de M. Endzins.

Suscitant des critiques dès son élection, Valdis Zatlers aura fort à faire pour s’imposer après la populaire Vaira Vike-Freiberga, une enseignante en psychologie polyglotte qui a vécu une grande partie de sa vie en exil au Canada.

© vendredi 1er juin 2007
par Pays-baltes.com

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